J’ai testé (et approuvé) le jeûne de 5 jours

Il y a un mois, j’ai fait pour la première fois un jeûne de 5 jours. Comme je l’ai lu dans le bouquin qui fût ma bible pendant cette période si particulière – « Le jeûne : maigrir, éliminer, se désintoxiquer » de Hellmut Lützner aux éditions Terre Vivante, chaudement recommandé par ma chère alliée dans cette aventure (merci Sophie) – un jeûne ne se fait pas à la légère. Ils sont divers et variés, de durées plus ou moins longues, et ne feraient pas toujours du bien à l’organisme du fait notamment de la perte de masse musculaire qu’ils provoquent. Il est dit aussi que le jeûne court, de quelques jours seulement, ne présente aucun danger. Ce qui fait débat, c’est de les multiplier. Le jeûne prolongé, lui, nécessite d’être observé et encadré en milieu médical.

Il s’agit ici de mon témoignage très personnel, je n’ai que très peu de recul donc il est à prendre avec des pincettes car chacun.e le vivra différemment. Mais je peux dire aujourd’hui, un mois après la fin du jeûne, que cela m’aura permis d’arrêter de fumer, de reprendre de bonnes habitudes alimentaires, confiance et motivation, et de perdre durablement 2 kg . Pour moi, c’est donc une très bonne expérience.

 

Mon chemin jusqu’au jeûne

Mon chemin jusqu’au jeûne, c’est une randonnée. Ce jour où j’ai senti que j’étais VRAIMENT en train de peiner. J’habite à Annecy, en Haute-Savoie, et marcher en montagne n’a jamais été un très gros effort. Ce week-end là, essoufflée, sans énergie, serrée dans mes fringues et désagréable, j’ai baissé les bras avant d’atteindre le sommet. On est rentré à la maison et j’ai décidé de démarrer le lendemain.

Depuis 4 ans, j’avais pris tranquillement mais sûrement 5 kilos. J’avais tenté de les pulvériser en allant voir une nutritionniste mais je n’ai pas réussi sur la longueur à me tenir à ses conseils. J’ai tenté de m’habituer à ces kilos superflus, de me dire que c’était normal que ma silhouette change avec l’âge (j’ai 41 ans) et tenté de m’acheter de nouvelles fringues 1 voire 2 tailles au dessus dernièrement. Je ressortais souvent un peu sombre des cabines d’essayage mais, bon, y’avait pire dans la vie que 5 kilos en trop. Et puis ils étaient répartis plutôt « harmonieusement », comprendre un peu partout, dixit ma gentille maman qui n’aime pas me froisser mais qui tient toujours à être sincère avec moi.

Alors ce soir-là après la rando, je me suis dit que c’était le moment. J’avais commencé à me renseigner depuis longtemps déjà. Il y a quelques années, Sophie sortait d’un jeûne, fine et rayonnante, et me vantait à quel point elle avait repris goût à tout, aux aliments, aux boissons, aux saveurs en général, et comment elle se sentait vite rassasiée désormais. Plus récemment, pendant le confinement, Bastien m’a raconté longuement son expérience, soulignant lui le plaisir de sentir que son corps se suffisait à lui-même, le manque de fatigue, voire même le regain d’énergie. J’ai écrit à Sophie : c’est quoi le bouquin sur le jeûne déjà ? Il est arrivé dans ma boîte aux lettres quelques jours avant la fameuse rando de la mort. Bref, j’étais prête.

Le jeûne de Buchinger : bouillons, tisanes et jus

En fait, il y a différentes formes de jeûnes. Jeûne à l’eau (diète intégrale), le jeûne à la tisane (aucune calorie non plus), jeûne à la décoction (pour les personnes sensibles de l’estomac ou de l’intestin) ou jeûne de « Buchinger » : un jeûne aux tisanes et jus combinés de 5 jours (infusions, bouillons de légumes chauds, jus de fruits ou de légumes) avec une journée de transition et deux jours de reprise à base de nourriture très légère. C’est celui que j’ai choisi car tout simplement, j’allais quand-même ingurgiter quelque chose, même si c’était à 100% liquide. Se lancer dans un jeûne, c’est aussi accepter d’arrêter pendant cette période de prendre des excitants, dont le tabac, l’alcool et le café.

Pendant le jeûne : se ménager, être actif et bien entouré

« Jeuner, ce n’est pas avoir faim. Celui qui a faim ne jeûne pas ». Voilà une phrase qui est restée gravée tant elle a été vraie pour moi. Je n’ai pas du tout ressenti la faim, et ce dès le premier jour. Sans doute car j’ai joué le jeu à fond et n’ai même pas croqué dans un bout de pain pendant 5 jours. Mon estomac s’est mis sur pause et mon système digestif, en mode 100% élimination.

J’ai été bien aidée par mon compagnon qui a évité de me tenter avec des odeurs de cuisson ou de pain grillé. Il se levait plus tôt le matin pour petit déjeuner et mangeait froid le soir pour m’éviter des tentations. Et j’ai été soutenue par Sophie, mon amie qui avait déjà l’expérience du jeûne : elle a pris de mes nouvelles tous les jours et répondait à mes nombreuses questions. Si vous jeûnez seul, c’est important d’être entouré, au moins en pensée. Et aussi de tenir un petit carnet de route pour y déposer vos impressions, vos rêves (plus clairs en ce qui me concerne), vos succès et vos difficultés.

Côté énergie, il est clair que j’étais au ralenti les 2 premiers jours et faisais de petites siestes dans la journée. Je conseille donc de choisir une semaine sans trop de travail et idéalement, où l’on peut rester chez soi pour vivre au rythme de son corps. En revanche les 3e, 4e et 5e jours, j’ai pas mal marché et suis même allée nager.

Il est conseillé d’attendre le 5e jour pour faire ses courses de reprise alimentaire, ce que j’ai fait, et le simple fait de retourner dans les magasins m’a réouvert l’appétit. J’ai eu un début de faim ce jour-là, et je peux vous dire que le 6ème jour, le premier croc dans une pomme était un pur bonheur !

 

Résultats : -2 kg un mois plus tard et arrêt immédiat du tabac

J’ai perdu 4 kilos en une semaine, puis repris 2 kilos depuis, ce qui semble tout à fait normal d’après ce que j’ai lu et entendu. Au final, j’ai perdu une taille de pantalon, ce qui m’a remise dans une bonne dynamique. J’ai justement attendu que passent 4 semaines après le jeûne avant de livrer mon expérience pour pouvoir parler des vrais effets, qui ne se résument d’ailleurs pas à la seule perte de poids. Aujourd’hui je me sens plus légère, j’ai pris de nouvelles habitudes alimentaires, j’ai repris le sport et arrêté de fumer. Je dirais que le véritable bénéfice à long terme, c’est un bien meilleur moral et un regain d’énergie.

Le seul effet négatif sur moi a été pendant la durée du jeûne d’avoir mal dans le bas du dos pendant 3 nuits, ne parvenant pas à trouver la bonne position. Ces « douleurs » (ou plutôt de grosses gênes) se sont estompées dès la reprise alimentaire.

Mon principal conseil : se renseigner avant de se lancer

Lire un livre sur le sujet et prendre des conseils d’amis qui l’ont déjà fait me paraît indispensable car tout simplement, ça démystifie l’action de jeûner et ça met en garde aussi sur ce qui risque d’être difficile. On comprend que si l’on ne mange vraiment pas le 1er jour, on aura pas faim le reste du temps, et pourquoi / comment le corps va (bien) réagir à cette privation. On sait aussi qu’il y aura des tentations, des moments compliqués, une perte de repères. Ne plus s’alimenter comme d’habitude, ne plus manger solide, c’est ne plus se réunir autour d’une table, ne plus trinquer (ou avec un bol de bouillon mais c’est moins sympa). Que va-t-on faire de tout ce temps ? On sait aussi qu’il y aura sans doute des effets pas très cool comme des maux de tête ou de dos (le plus gros point négatif pour ma part) mais qui seront passagers.

Pour en savoir plus :

« Le jeûne : maigrir, éliminer, se désintoxiquer » de Hellmut Lützner aux éditions Terre Vivante,

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