Entre deux eaux

Drôle de période que celle que je vis en ce moment. Je nage entre deux eaux, en petit poisson du 5 mars que je suis. En marine, lorsqu’un bateau navigue entre deux eaux, c’est qu’il est balloté par les courants. Il doit arriver à maintenir le cap malgré tout. C’est exactement ce que je suis en train de vivre ces dernières semaines. Ballotée entre créer de nouvelles collaborations en tant que chef de ma tout fraîche entreprise et chercher un appartement à Annecy où l’on a décidé de vivre très prochainement, tout en étant au calme (très au calme) dans ma petite maison de la vallée du Mont Blanc.

Une ancienne collègue de boulot, ex-entrepreneure, me conseillait avant de quitter ma boîte, de profiter, profiter, profiter de cette période. D’en faire une opportunité de tout remettre à plat. Réfléchir. Créer. Étudier les possibilités. Profiter de ce temps de réflexion avant que les flots ne s’agitent et de n’avoir d’autre choix que d’agir. J’ai, chaque jour qui passe, ce conseil en tête. Pas si facile à suivre finalement, mais c’est bel et bien le cap que je me suis fixé tout au long de ces deux premiers mois. Le majestueux Mont Blanc face à nos fenêtres, lorsqu’il n’est pas caché par cette satanée purée de pois, s’impose à moi et me force à me poser. Une vraie source d’énergie et de créativité.

Ce qu’il y a de plus délicat je trouve dans le fait de partir, ce n’est finalement pas de s’adapter à autre chose. On a tous, à moins d’une grande souffrance qui nous fragilise de trop, l’énergie et la capacité à se faire de nouveaux repères. C’est plutôt quitter ce que l’on connaît. Laisser derrière soi des habitudes, des sons, des odeurs, des couleurs, des fonctionnements. Et lorsque l’on est comme moi en ce moment, parfois en maîtrise, parfois vacillante, il est facile de se raccrocher à tout cela. Alors même que cet ensemble ne nous rendait pas vraiment heureux. Mais d’une certaine façon, c’était connu. Donc confortable.

J’avais écrit il y a plus d’un an un billet intitulé Eloge de l’inconfort, où je disais à quel point j’avais aimé retrouver le goût de l’instabilité lors d’une promenade en montagne. C’était je pense le démarrage de mon nouveau chemin. Aujourd’hui, j’en ai parcourus des kilomètres, mon chat sous le bras (qui le pauvre a stressé au point de se faire une belle pelade), laissant la majorité de mes affaires à Paris et emportant avec moi le strict minimum (des livres, mon ordi, mon piano et de gros pulls chauds). Le temps de choisir ensemble l’endroit où l’on aura envie de réunir nos deux univers.

C’est chose faite. J’ai hâte, désormais, de retrouver de la stabilité. De ressortir de leurs boîtes mes créatures en terre émaillée. Mais ce n’est qu’une question de jours, je le sais.

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