Olivier Morisse : « Rester bloqué dans le digital n’est pas souhaitable »

Olivier_Morisse_©anthonyrojo-600Crédit © Anthony Rojo

Rencontré à l’expo « Perspective Carrée » en mai 2015, première expo photo d’Instagramers à Paris organisée par LesPhotographes.org où lui-même exposait, j’avais déjà découvert la galerie Instagram d’Olivier Morisse grâce à mon amie Stéphanie @stefmundu, dont j’adore les photos ultra minimalistes. J’ai continué à suivre l’activité d’Olivier sur le réseau : un univers ultra design et original, des jeux de lumière fabuleux, une recherche de symétrie dans les paysages les plus sauvages ou, au contraire, d’éléments naturels dans les univers les plus froids et urbains. J’ai voulu en savoir plus sur le parcours de cet artiste Instagram très engagé sur le réseau, suivi par plus de 106 000 abonnés et récemment sélectionné par le site allemand Post Collective pour proposer à la vente ses tirages papier. Il m’a livré sa vision d’Instagram et des nouveaux modes de promotion qui s’offrent désormais aux créateurs de contenus. Voici son interview et une sélection de photos en fin d’article. Merci Olivier pour le partage et pour avoir répondu à mes questions !

L’Atelier de Favelle : Hello Olivier, que fais-tu, d’où viens-tu ?

Olivier Morisse : Bonjour, je suis graphic designer de métier, je crée des supports print et/ou web pour mes clients : ONG, artisans, PME, grands groupes, agences… J’ai d’ailleurs commencé en agences avant de me mettre à mon compte il y a une dizaine d’années. Installé à Paris puis Bordeaux, j’ai gardé un pied dans chaque ville pour des raisons professionnelles et personnelles et fait régulièrement l’aller et retour.

ADF : Comment décrirais-tu ton univers graphique et photographique ?

OM : Sorti des travaux de commande qui répondent à des besoins et brief précis, on peut qualifier l’univers de ma production personnelle comme à mi-chemin entre le graphisme et la photographie. Je ne maîtrise aucune technique photographique et ne me définis aucunement comme un photographe. Je capture des pixels qui me servent ensuite à façonner mes images. Sans forcément les dénaturer ou les recomposer complètement, la retouche ou le montage sont parties intégrantes de mon processus de fabrication d’images. Je travaille en outre essentiellement sur iPhone. Un article récent parlait de ma galerie Instagram comme une rencontre minimale et géométrique entre paysages urbains et naturels.

ADF : Comment a commencé pour toi l’aventure Instagram ?

OM : Par curiosité, en 2011, je télécharge cette application de partage photo dont on parle, me crée un compte et upload quelques images prises au smartphone. J’y trouve alors une communauté en pleine ébullition créative, hyper stimulante, ainsi qu’un état d’esprit positif et encourageant, à mille lieues de ce qu’est devenue la machine Facebook/Instagram aujourd’hui. Mes premiers posts trouvent une résonance particulière et m’incitent à explorer davantage de galeries, créer du lien, partager encore, expérimenter.

ADF : J’ai remarqué sur ton compte que tu connaissais de nombreux Instagramers en vrai. Comment se font ces rencontres « in real life », grâce au réseau ?

OM : Rester bloqué dans le digital n’est pas souhaitable. Instagram possède dans son ADN cette propension à connecter les gens. Déjà, on sort de chez soi pour shooter. D’abord seul puis entre Instagramers. L’excuse est parfaite, les sorties créatives et sociales. Très tôt, j’ai eu l’opportunité de participer à des Instameets et de rencontrer des gens qui animaient des réseaux locaux d’Instagramers. Forcément, des liens se créent, des amitiés se lient.

ADF : Les réseaux sociaux sont souvent décriés par les photographes professionnels qui y voient des espaces où les droits d’auteur sont mis à mal. En parallèle, des sites comme Post Collective ou Fifty/fifty proposent à la vente des photos d’instagramers. Quelle est ta vision des réseaux sociaux vs les réseaux de galeries plus traditionnels ?

OM : C’est un sujet très vaste que celui-ci, étant donné qu’il y a plusieurs types de réseaux sociaux et de photographes. Le droit d’auteur est malheureusement mis à mal partout. La malhonnêteté et la bêtise sont humaines, c’est un problème d’éducation avant tout. En tant que graphiste, je suis confronté parfois à des acteurs importants irrespectueux. Le web étant un lieu de partage encore assez libre, nombreux sont ceux qui y agissent bassement. Mais heureusement, d’autres acteurs agissent dans le bon sens et respectent le travail des créateurs de contenus. Même s’il existe encore un gouffre entre les réseaux traditionnels de promotion artistique et ce qui émane du web, des galeries online telles que celles-ci sont en effet positives pour tout le monde. On touche des nouveaux publics et surtout, on sort des sentiers battus pour tenter de répandre du contenu qualitatif. J’ai reçu un feedback très chaleureux grâce à cela. Encore une fois, tout ce qui est positif et respectueux doit être promu. Les temples ne sont pas fait pour être gardés, mais pour être ouverts.

ADF : Quels sont tes 3 comptes Instagram préférés ?

OM : Établir distinctement des préférences est un exercice périlleux. D’autant plus qu’au cours de ces dernières années, mon style a évolué, on peut y distinguer des phases. Les travaux de nombreuses personnes m’ont influencé à un moment ou un autre et réduire ce nombre à trois comptes m’est impossible. Je peux aussi aimer des galeries Instagram car derrière j’apprécie leurs auteurs, et aimer des galeries d’inconnus car touché simplement par leur production visuelle.

ADF : Ton principal conseil pour vraiment s’amuser et partager au maximum sur IG ?

OM : Concernant le genre d’utilisation que j’en fais, c-a-d créer des liens et faire évoluer sa pratique photographique, alors c’est assez simple. Il faut s’investir dans les échanges (visites, likes, commentaires, suivis…) ainsi que dans la pratique photographique (analyser le travail des bons igers, shooter, expérimenter, éditer…) et trouver son rythme. Rencontrer d’autres igers est aussi un plus pour faire évoluer sa propre vision.

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