La Jeanne de Brassens

Ce soir, je sais que mes parents regardent la télé en chantonnant. Les yeux mouillés. Je sais qu’ils sont heureux et nostalgiques à la fois devant ce docu de France 3 sur Brassens.

Bon, il ne faut pas lui dire car on le vanne à la maison dès qu’il pousse la chansonnette (gentiment, hein !), mais j’adore quand mon père chantonne Brassens. Il roule les R comme lui et m’impressionne car il connaît par cœur quasi toutes les chansons de cet ours bourru et poète avide de liberté. Un « Auprès de mon arbre » ou une « Non demande en mariage » et mes souvenirs de petite fille rejaillissent. Le 33 tour, les disques et leurs gratouillis, l’odeur de feu de bois du gros pull en laine torsadé de mon père qui rentre à la maison avec ses bottes crottées en chantant « Gare au goriiille » alors qu’il fait brûler les feuilles d’automne dans le jardin, et se fait enguirlander par ma mère qui vient JUSTEMENT de passer le balais… Un peu cliché, peut-être, mais c’était ça aussi mon enfance, et j’ai la mémoire des sens. J’ai presque envie de ressortir mes bonnes vieilles cassettes d’Anne Sylvestre ou Maxime Le Forestier tiens !

J’ai découvert ce soir que Brassens était amoureux de Jeanne (la fameuse de la chanson « la canne de Jeanne »), une femme étonnante, mariée, de 30 ans son ainée, qui fut la première à croire en son talent et fit éditer ses poèmes. C’est elle qui l’accueillit à Paris quand lui avait 19 ans et elle 50. Elle se remariera à l’âge de 75 ans avec un homme de… 36, et Georges sera forcé de la quitter. Si les réseaux sociaux avaient existé à l’époque, elle aurait détrôné Claire Chazal sur le podium des cougars et fait un buzz à en rendre jalouse Kim Kardashian.

Et puis allez, je ne peux pas vous quitter sans partager cette vidéo. C’est cadeau. Brassens, il est poète, mais il est un peu pouet-pouet aussi. Découvrez ci-dessous sa chanson »Mélanie », bonne du curé, une « vraie salope » (je cite) qui se colle des cierges où je pense… Féministe Brassens, vraiment ?

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3 réflexions sur “La Jeanne de Brassens

  1. J’ai beaucoup aimé ce reportage aussi, ça m’a rappelé mon enfance, mes parents écoutaient beaucoup Georges Brassens et du coup, je connais ses chansons par cœur ! A l’époque, je ne comprenais pas bien les paroles et je me souviendrais toujours du jour où j’ai demandé des explications à ma mère sur la chanson « Quand je pense à Fernande » : Maman, ça veut dire quoi, « je bande » ?? (j’avais 5 ans) !!

  2. Il faut se rappeler la ferveur régnant à Bobino ou même à la salle Chaillot… On se serait dit dans une secte.
    Le public se retenait (avec peine!) pour ne pas chanter avec lui et toute la salle se muait en souffleur lorsqu’il avait un trou de mémoire. (Il en jouait peut être, d’ailleurs!)
    une vraie communion.
    La première fois que je l’ai vu, j’avais 15-16 ans, c’était à Nantes, à l’Apollo et je suis allé le voir (avec bien d’autres…) dans sa loge pour avoir des autographes et il a même donné une de ses pipes à un copain.
    Après, avec Annie on est allés le voir plusieurs fois à Bobino et au Palais de Chaillot et à plusieurs reprises on l’a approché dans sa loge pour le remercier et lui serrer la main.
    Depuis, je ne me suis plus lavé les mains
    Que d’émotion.
    Bisous

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