Tous Charlie

Ils se battaient avec leur plume. Je les soutiens avec la mienne. C’est peut-être ce que je sais faire de mieux. Une goutte d’eau dans cet océan de solidarité, mais c’est le témoignage de Plantu ce soir au JT de 20h qui m’a convaincue. Il parlait de sa peine, immense, et aussi de l’espoir que représente cette mobilisation, partout en France et dans le monde. Dans la rue et sur les réseaux sociaux. #JesuisCharlie.

Cet événement atroce est un tsunami. Nous ne nous laisserons pas impressionner par ces lâches connards… Mais ils ont assassiné les meilleurs dessinateurs-humoristes de notre génération. Charlie Hebdo est le journal de mon adolescence. Un canard grinçant, amère, offensif, volontiers scato et vulgaire. Cabu, Charb, Tignous et Wolinski… Une bande de sales gosses à la liberté de penser extraordinaire. Toujours fidèles à leurs principes : croquer, caricaturer, choquer, faire rire pour mieux faire cogiter. Ces journalistes-là prennent des risques. Ils manifestent chaque jour leur opinion. Leurs coups de gueule. Leur liberté d’expression.

Dans mon boulot de tous les jours, et ce n’est pas un scoop, je vois bien que le journalisme est un métier malmené. En perte de crédit, de valeur. La vitesse de production de l’info, la course au buzz et à l’audience, les contraintes des annonceurs, transforment les méthodes de travail. L’investigation, l’interview et l’enquête en prennent un coup dans l’aile. « C’est la marche de l’histoire », entend-on parfois dans les couloirs. Non, ce n’est pas la marche de l’histoire. On attend d’un média d’être divertis, c’est vrai. Mais on attend surtout qu’un journaliste ait les moyens de faire son boulot. Celui d’informer, de critiquer, de révéler. De décrypter pour nous l’information, la rendre claire. De garder la distance nécessaire. Et s’il peut nous faire rire comme des baleines, alors ça relève du génie.

Heureusement, le journaliste est une créature au caractère frondeur. Il y a un Charlie en chacune d’entre elles. Il y a un Charlie en chacun d’entre nous. Il suffit de regarder ce soir partout autour de nous.

jesuischarlie

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