Montmartre : ma tour, mon détour, mon amour

photo copieMontmartre, c’est un peu ma tour à moi. De contrôle. De Pise. Mon tour de passe-passe. Mon plus beau détour. Un coup de blues, une envie de solitude, et je monte quatre à quatre les marches de la rue du Mont-Cenis jusqu’au Sacré Cœur. L’ascension déjà, vaut le détour. De rues pavées en escaliers escarpés, le chemin est jonché de graphs et de cafés en terrasse. J’ai toujours cette drôle d’impression que l’air devient plus pur au fur et à mesure de l’aventure. Les odeurs de pollution laissent place aux odeurs de crêpes jambon. Plus de voitures, juste un bus miniature : LE Montmartrobus. J’adore ce nom. Il doit être tellement difficile à prononcer pour les touristes. « Bonjour Monsieur, where is the Mont’matwobous s’il vous please ? ». Un jour, je ferai un reportage photo dans ce microbus dans lequel se mélangent vieilles dames du quartier et touristes de tous poils ultra équipés.

photo 8Montmartre, c’est aussi mon premier repère parisien. Là où j’ai posé ma sacoche boulot pour la première fois. Mon premier job, c’était rue du Mont-Cenis, justement. Les croques et les salades des brasseries de Jules Joffrin n’ont aucun secret pour moi. Les snacks de Porte de Clignancourt non plus. C’est aussi là où j’ai habité mon tout premier studio. 18 mètres carrés, un frigo de poupée et un labo photo : rien que pour moi ! Dix ans après, c’est là où je vais modeler chaque semaine, à l’atelier. A croire que Montmartre exerce une réelle force d’attraction sur moi.

Hier, j’ai eu cette envie d’aller y traîner mes guêtres à nouveau. En approchant la Place du Tertre, là où d’habitude j’aurais fui les meutes de touristes, j’ai eu envie de m’y fondre. Je me suis rêvée Américaine à Paris. J’ai eu envie de dire au premier venu : « Bonjour, where is the Mont’matwobous s’il vous please ? » Et puis, derrière le Sacré Cœur, je me suis trouvée nez à nez avec trois jeunes zicos et une chanteuse charismatique à la voix de crooneuse. Comme de nombreux passants, je me suis assise sur les marches et j’ai écouté. Battu la mesure. Souri. Applaudi. Moment de légèreté… Magique. photo 7

Reboostée, j’ai continué jusqu’au marches principales du Sacré Cœur pour admirer Paris de haut. Là encore, j’ai joué l’anonyme. Au milieu de la foule, assise sur les marches, je me suis enivrée de ce sentiment que je n’ai jamais connu qu’à New York il y a dix ans, pendant mes trois mois sabbatiques : se perdre seule, dans une grande ville, et profiter de ce qui se donne. Se laisser embarquer à Battery Park et surprendre par un concert en plein air de Cassandra Wilson. Discuter avec mes voisins, décider de pique-niquer ensemble. En l’occurrence, samedi, c’était trois inconnus qui faisaient chanter la foule sur des tubes en acoustique. Enfants, parents, de partout dans le monde, chantaient en cœur sur Get Lucky de Daft Punk. Certains dansaient, même. Et moi, je savourais… Voici quelques images de cette balade et une vidéo d’une interprétation à la harpe du tube des Daft Punk par Anna McLuckie, dont je ne me lasse pas. Enjoy your stay ! photo 1 copiephoto 2 copie

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